Le stabilisateur de banc

Stephane Schell n'a mis qu'une saison pour imposer sa patte sur le banc de l'ASO et il pourrait bien réussir un pari qu'il s'était lancé sous forme de boutade lors de son arrivé à Ohlungen.
Pour Muriel Acker la présidente du club c'est une fin de saison pas comme les autres qui s'annonce puisque le coach sortant sera – une fois n'est pas coutume- encore dans la place la saison prochaine. «C'est vrai que j'étais un peu essoufflé de chercher un nouvel entraîneur tous les ans » reconnaît-elle simplement. «Dès le départ j'avais demandé à Stéphane de s'engager sur deux ou trois ans et ça se passe bien avec les joueurs qui ont trouvé sportivement ce qu'ils cherchaient ».
Stephane Schell y est, et il y reste donc. L'histoire du coach de 35 ans vaut la peine d'être racontée, c'est l'histoire longue et parfois douloureuse de ces jeunes qui ne rêve dès leur plus jeunes âge que de taper dans un ballon.
C'est une histoire qui commence un peu comme dans les contes de fée. Le jeune homme originaire de Durenbach fait ses classes au FR Haguenau et fait parti des meilleurs joueurs de sa génération à tel point que lorsqu'il est « U15 » 2ème année le Racing et Auxerre sont sur les rangs pour le recruter.
Direction le Racing qui est « géographiquement plus proche » puis une intégration au centre de formation dans un parcours jusque là idéal. « Je n'ai pratiquement jamais été blessé jusqu'à cette période se souvient-l'attaquant. Et c'est là, à l'âge de 18ans que le ménisque externe de chaque genou lâche à quelque mois d'intervalles et que l'aventure dans le club phare alsacien se finie en eau de boudin. Alors que jusque là toute sa vie tournait autour du ballon rond avec des horaires aménagée et une vie réglée comme du papier à musique tout s'écroule du jour au lendemain. « C'était bienvenu dans la vie rigole -t-il aujourd'hui. Même si on s'y prépare c'est un nouveau départ pour lequel on n'est pas forcément prêt ».
Son regard ne trahit pourtant aucun regret, aucun sentiment d'échec, et ce d'autant plus qu'une rencontre essentielle dans sa vie s'est déroulé à cette époque. « C'est grâce au foot que j'ai rencontré ma femme Caroline au Lycée Jean Monnet en seconde » se souvient-il. Elle était fan du Racing et continue aujourd'hui encore de suivre son mari dans toutes ses aventures footbalistiques qui ont connus plusieurs déstination.
Il passe par Reipertswiller, au Val de Moder, à Eckbolsheim puis à Hochfelden et Soufflenheim ou il connaît ses premières expérience sur le banc. Aujourd'hui, alors que le titulaire du BEE1 a raccroché les crampons c'est donc l'AS Ohlungen qui occupe tout son esprit. Il s'est fixé lui même l'objectif de rejoindre l'Excellence dans les trois ans et pour l'instant tous les voyants sont aux verts. La formation tourne à plein régime au sein de l'entente des vallons et le seul bémol relevé par le jeune entraîneur concerne les infrastructures du club. «Notre problème actuel c'est la mauvaise qualité de notre terrain d'entraînement. Si le club veut évoluer il faudra en passer par un terrain synthétique mais je crois que M.Le maire est au parfum et que Muriel Acker la présidente est entrain de faire avancer les choses ».
Concernant l'équipe fanion, dans la lignée de la saison dernière ou sous la houlette de Serge Zores l' équipe avait accroché une montée en PE et une finale crédit mutuel tout roule pour le mieux. Encore en course pour la première place en PE, l'équipe s'est aussi qualifié pour la finale de la coupe Crédit Mutuel en éliminant Soufflenheim. « Pour faire mieux que Serge (Zores) je vais devoir monter et gagner la Crédit Mutuel » avait lancé le coach lors de son intronisation il y a quelques mois. Mine de rien, il est toujours en lice pour réussir son pari qui ressemblait plutôt à une boutade mais s'il échoue, il aura une nouvelle chance puisqu'on sait maintenant que la saison prochaine il sera toujours sur le banc de l'ASO.
LAURENT HICKEL