Après une carrière de footballeur plutôt bien remplie pour Hubert, un peu moins pour Eric, ni l'un ni l'autre ne se voyaient abandonner le monde du ballon rond.
A la suite de quelques expériences en tant qu'entraîneur des jeunes, Hubert est sollicité par Jean-Paul Walter qui était alors président de l'AS Uhrwiller. « J'ai très rapidement accepté la proposition et j'ai suivi ma formation. Mon épouse travaille souvent le dimanche, ça m'évite de squatter à la maison », ajoute-t-il en riant.
« On a appris à ne plus entendre ce qui se dit dans notre dos »
Eric suit rapidement les traces de son grand-frère : « Je sifflais souvent des matches de jeunes en tant qu'entraîneur, et quand Hubert m'a proposé de le suivre, c'est tout naturellement que je me suis lancé à mon tour. »
L'aventure prend un tour plus familial lors de la saison 2006/2007 quand Pierrot Dorn, leur désignateur à la Ligue d'Alsace de football a l'idée de les associer en tant que juge de touche sur les mêmes matches.
Leur complicité et leur complémentarité est sans conteste un "plus" pour l'arbitre central. En dehors du traditionnel débriefing d'après-match, quand les frères Froelich se retrouvent autour d'une bonne table, leur expérience commune est tout naturellement au centre des discussions.
Pendant les périodes où ils se voient moins souvent, c'est par l'intermédiaire d'Internet qu'ils se tiennent informés. « On est régulièrement en contact sur Facebook. Si on n'a pas arbitré ensemble, c'est par ce biais que l'on se tient au courant », raconte Hubert.
Quand ils sont associés, la première des choses pour eux consiste à se mettre d'accord pour savoir qui va se coltiner le côté du banc de touche qui a la particularité d'être l'endroit le plus houleux de la pelouse. « En général, c'est le côté où il y a le plus d'insultes », explique Eric.
« Normalement, au vu de ma plus grande ancienneté, c'est moi qui doit prendre ce côté là, mais on s'adapte. Tout dépend des équipes auxquelles on est confronté et de l'enjeu du match. C'est un détail qu'on règle d'entrée. De toute façon, on a appris à ne plus entendre ce qui se dit dans notre dos. Ça fait tout simplement partie du jeu », précise Hubert.
Les deux frères préfèrent souligner que durant toutes ces années d'arbitrage, tout s'est toujours très bien passé. « Il faut dire qu'on a toujours été bien accueillis et bien encadrés par les clubs », explique Hubert.
Pour eux, ce qui prime, c'est l'expérience humaine et les rencontres qu'on peut faire. « Depuis que je suis arbitre, je connais des gens de partout. Quand j'arrive quelque part, ça ne manque pas, il y a toujours quelqu'un qui me reconnaît », raconte Hubert. « S'ils viennent nous dire bonjour, ça veut dire qu'on n'a pas laissé un trop mauvais souvenir », rigole Eric.
Quoi qu'il en soit, nos deux passionnés comptent bien parcourir encore longtemps les pelouses, même si ça ne fait pas forcément plaisir à tout le monde...
« Nos épouses ont pour point commun d'être anti-football, s'amuse Eric qui continuera « tant que la santé le permettra » alors que Hubert ne voit qu'une limite à la pratique du sifflet : « La limite d'âge c'est 58 ans, on a tout les deux encore quelques belles années devant nous ».