Alexandre Paulus et le FC Niederschaeffolsheim ont atteint pour première fois le quatrième tour de la Coupe de France.
Le FC Niederschaeffolsheim et son jeune entraîneur Alexandre Paulus ne se donnent qu’une infime chance de créer l’exploit, demain, en recevant Reipertswiller en Coupe de France.
Même s’il est entraîneur depuis une quinzaine d’années déjà, Alexandre Paulus, âgé de 34 ans seulement, est installé pour la première fois sur le banc d’une équipe senior. Après une parenthèse de trois ans au cours de laquelle il avait pris en charge les 15 ans DH puis interligue de Vauban, celui qui a fait presque toute sa carrière à Niederschaeffolsheim est revenu au bercail pour aider son club alors que celui-ci traversait une zone de turbulences.
« Trois entraînements par semaine et le match, ça faisait trop et j’avais prévu de faire un break », rappelle-t-il. La situation du club de son village y met fin. Il décide de se lancer dans l’aventure en formant un binôme avec Djoko Kokou pour essayer de relancer la machine. « On est parti sur des cendres. Le club était très mal et j’ai décidé de filer un coup main », explique le coach.
Pour remettre Niederschaeffolsheim sur les rails, Alexandre Paulus et son co-entraîneur ont pu attirer quelques jeunes joueurs. À l’aune des résultats en championnat, la mayonnaise tarde à prendre et les débuts sont difficiles. Selon le coach, la qualité de jeu est néanmoins prometteuse.
Niederschaeffolsheim a perdu les trois premières rencontres de son groupe de la deuxième division départementale. « En championnat, on n’a pas été payé, estime le jeune entraîneur. On n’a pas fait des matches différents de ceux qu’on a réussis en coupe, mais là on met les occasions au fond, explique-t-il avant d’envisager quelques recettes qui pourraient améliorer les choses. Ce qui fait la différence en D2, c’est le mental et la hargne. À ce niveau-là, il faut avoir le goût de l’effort et même si la qualité de jeu est présente, on doit vraiment progresser mentalement ».
En Coupe par contre, les victoires ont été au rendez-vous même contre des équipes plus hupés.« Pour atteindre le 4e tour, il faut faire un exploit » et après être allé gagner à Gries, l’exploit a été réalisé contre Souffelweyersheim avec ce qui constitue jusqu’à maintenant le match référence de la saison. « Eux avaient plus le ballon mais ils n’étaient pas spécialement dangereux et nous, on s’est créé plein d’occasions. C’est un match où tout le monde s’est dépassé ». Enfin, au 3e tour, c’est Reichshoffen qui fait les frais de l’efficacité des joueurs d’Alexandre Paulus pour une victoire nette et sans appel (6-0).
À quelques heures d’aborder la rencontre contre Reipertswiller, le jeune entraîneur est conscient que les cinq divisions qui séparent les deux équipes pourraient bien s’apparenter à un gouffre infranchissable pour son équipe. Mais ce rendez-vous le ravit. « C’est un super-tirage pour nous, Reipertswiller c’est mythique. J’ai beaucoup de respect pour ce club et pour le travail de Riffel ( ndlr : l’emblématique président des Forestiers ) ».
Et quand on demande au jeune entraîneur quel pourcentage de chance il accorde à son équipe de créer l’exploit, la réponse tombe comme une sentence.
« Avant Souffelweyersheim, j’avais dit à mes joueurs qu’on avait 1 % de chance de gagner et ils se sont moqués de moi, sourit-il. Logiquement, avant ce match, je dirais qu’on a 0,1 % de chance de passer mais elle est quand même là. Il faudrait qu’on marque sur une première occasion, qu’on prenne de la confiance et qu’on arrive à tenir en se recroquevillant derrière ».
Pour que s’écrive ce scénario idéal, Alexandre Paulus ne compte pas sur un quelconque relâchement des joueurs de DH. « Ce n’est pas trop la philosophie de la maison de prendre les clubs de haut », souligne-t-il, en précisant qu’avant le match il demandera surtout à ses joueurs de « se dépasser sans tension, de communiquer sur le terrain et surtout de prendre du plaisir ». A partir de là, toutes les conditions seont remplies, et les joueurs d'Alexandre Paulus auront une chance de réussir leur quête de l'impossible...
Laurent HICKEL