Gaétan Moret est depuis de nombreuses saisons l’un des éléments moteur de l’AS Ohlungen. Portrait d’un joueur de devoir qui envisage de raccrocher les crampons dans quelques semaines.
C’est le genre de joueur qu’on imagine à l’aise les jours de pluie, quand la pelouse n’est que gadoue et qu’il s’agit avant tout d’aller au charbon.
C’est le genre de joueur qui est dans son élément quand son équipe n’a pas le ballon, un ratisseur, un empêcheur de jouer en rond, bref un casse-pieds pour l’adversaire du genre de ceux qu’on adore avoir dans son équipe.
Ce n’est sans doute pas tout à fait par hasard si ce joueur de caractère a commencé par le rugby à Haguenau avant de suivre les traces de son père Christian pour taquiner des balles plus rondes et plus dociles.
Ses premiers souvenirs de footballeur remontent d’ailleurs à cette époque, lorsqu’il suivait son père le dimanche pour voir évoluer le FC Oberhoffen les frères Fritz, footballeurs hors pair et véritables teignes dès lors qu’ils chaussaient les crampons.
Il fait alors ses classes au FCO avant de rejoindre le FR Haguenau où il jouera en 14 ans nationaux. La même année, il remportera le titre de champion de France UNSS avec la section foot des Missions Africaines d’Haguenau avec des joueurs qui traceront leur route dans le football régional tel que Régis et Nicolas Loison, Raphaël Martzolff ou encore Claude Sturm.
Dès l’âge de 16 ans, Roland Henard lui fait faire quelques piges avec l’équipe fanion du FC Oberhoffen avant qu’il ne connaisse une aventure pour le moins exotique en Amérique du Sud où il va parfaire sa formation de footballeur.
« Mon père a été muté en Guyane et j’ai eu la chance de jouer pour le Sport Guyanais qui était le meilleur club de jeunes du secteur, explique-t-il. J’ai été deux fois champion de Guyane des U 17 et on a fait une tournée en métropole pour jouer contre des équipes comme Gueugnon, le Paris FC et autres. »
Il se souvient avec plaisir de cette période dorée où, dans son équipe il n’y avait que des joueurs très techniques et où il se faisait un peu remarquer car il était « le seul blanc de l’équipe ».
Dès son retour en Alsace, Michel Hotler lui met le grappin dessus pour un retour au FC Oberhoffen avant une belle aventure au FC Schweighouse, où Denys Feidt va transformer le joueur qu’il était jusque-là.
« Moi, le foot c’était uniquement pour être avec les copains, assure-t-il. Avec Denys à Schweighouse, c’était vraiment la gagne et puis aussi un autre niveau. »
Après une parenthèse à Schirrhein, il est rattrapé une fois encore par le FC Oberhoffen et son entraîneur d’alors, Michel Hickel, avant de venir à Ohlungen où son ami Yannick Jung est aujourd’hui encore son capitaine.
Si le joueur, âgé aujourd’hui de 32 ans, ne devait retenir qu’une chose de toutes ces années de ballon rond et de vertes pelouses, il n’aurait aucune hésitation au moment du choix.
« Les meilleurs moments, ce sont les montées. Il n’y a rien de mieux que ça. »
De ce côté-là, il a d’ailleurs été servi puisqu’il a connu le bonheur d’une accession avec Schirrhein, Ohlungen et avec Schweighouse pour des moments qui resteront gravés.
Cette saison, Ohlungen est toujours en course et ce serait évidemment une belle manière de tirer sa révérence que de participer à l’accession de son club en Excellence.
Pourtant, le milieu défensif n’est pas spécialement optimiste quant aux chances de son équipe de décrocher le pompon en fin de saison.
« L’Olympique Strasbourg ne va sûrement pas perdre beaucoup de matches et, de notre côté, ça n’est pas évident non plus de tout gagner », résume-t-il avant de conclure que l’espoir est mince malgré la très bonne saison réalisée.
Pour lui, il pourrait bien s’agir des dernières batailles à livrer avec aussi en ligne de mire la réception du FR Haguenau le lundi de Pâques à Ohlungen pour le compte des 8es de finale de la Coupe d’Alsace.
Même si la décision n’est pas encore complètement prise, la saison prochaine le jeune papa rêve de s’occuper pleinement de Lenny et de Théo qui prennent déjà la relève sur les pelouses.
« Il y a de très bons jeunes à Ohlungen et si j’arrête, je souhaite bonne chance à l’ASO pour la suite. Ce club restera toujours le club de mon cœur », conclut-il avec un regard déjà rempli de nostalgie qui semble dire que cette fin de saison est peut-être l’une des dernières occasions de mettre le guerrier à la “Une”…
LAURENT HICKEL