Le bonheur est dans le pré
Promu sur le banc de la réserve haguenovienne un peu par hasard en début de saison, Grégory Specht va revenir sur la pelouse pour la phase retour et tout faire pour aider son équipe à accrocher le maintien en excellence qui demeure l'unique objectif.
En Alsace, quand on s'appelle Specht, être footballeur c'est une évidence, presqu'une obligation. Mais on l'imagine aisément, lorsque le jeune "Greg" frappe ses premiers ballons au milieu des années quatre-vingt, son oncle léonard vit sur une autre planète de la galaxie football. La relation entre le jeune débutant et le glorieux ancien n'était pas forcément celle que l'on peut imaginer. "Tout le monde pense qu'avec un oncle bien placé on se fait pistonner mais au contraire, ça n'a pas toujours été facile de s'appeler Specht, confie-t-il. A cette époque là, lui il était dans sa bulle et nos rapports se limitaient donc aux simples contacts familiaux ".
Ça n'empêchera pas celui qui est aujourd'hui gestionnaire des stocks, de faire une belle petit carrière de footballeur amateur. Il se dit aujourd'hui heureux et comblé d'avoir joué sept années en CFA2 et se souvient tout particulièrement de quelques moments forts au milieu de tant de rencontres disputées. Pour la séquence flash back il retiendra un match en CFA à Calais qui était alors le héros de la coupe de France, la victoire contre Gueugnon et même la défaite contre Romorantin en Coupe de France, devant près de 3000 personnes au Parc des Sports. De ces années-là il garde aussi au cœur les entraîneurs qui l'ont particulièrement marqués et qui ont chacun eu une influence sur lui. Que ce soit Pierre Pleimelding qui était exceptionnel "dans ses discours d'avant match", Philippe Knobloch dont le leitmotiv était l'exigence, son père Joseph qui "fonctionnait beaucoup à l'affectif et au relationnel" ou Didier Kempf qu'il a côtoyé à Ettendorf,ils ont tous laissé une trace indélébile chez le footballeur mais aussi chez l'homme.
Aujourd'hui alors qu'il est pour la première fois entraîneur d'une équipe sénior après avoir coaché
les 17 ans du Val de Moder pendant deux "superbes saisons avec des jeunes qui formaient une vrai bande de copains", il veut se servir de son vécu pour transmettre sa flamme. Sa jeune équipe occupe pour l'heure la huitième place du classement de l'excellence alternant depuis le début de saison le bon et le moins bon. L'équipe est presque exclusivement formé de très jeunes joueurs qui ont été lancé dans le grand bain de l'excellence suite aux nombreux départ de ceux composant l'équipe réserve la saison dernière. Même si c'est problématique, ces départs massifs sont inévitables et somme toute assez logique pour le jeune coach qui précise "qu'il y avait pas mal de joueurs qui ne pouvaient pas prétendre à jouer en équipe une" et il est donc logique pour lui " qu'ils aient pu préférer jouer en équipe fanion dans un autre club".
Hormis le maintien en excellence cette saison, pour le coach l'objectif d'une équipe réserve d'un club comme Haguenau doit toujours être d'emmener des joueurs vers l'équipe une même si c'est un peu paradoxal pour lui puisqu'un joueur promu en équipe fanion est un joueur qu'il perd dans son effectif. "On peut espérer sortir deux ou trois joueurs chaque année qui ont le potentiel pour l'équipe une, observe-t-il. La loi des équipes réserves c'est de faire avec les moyens du bord et de privilégier l'équipe première".
Pour les matchs retours, outre Jacques Scherrer qui est son "meilleur ami" mais aussi "un véritable relai sur le terrain" il espère pouvoir apporter toute son expérience sur le terrain puisque son opération des ligaments croisée n'est plus maintenant qu'un lointain et mauvais souvenir. "Dans ma tête je suis encore joueur, je ne me vois pas encore arrêter pour devenir entraîneur à temps plein" explique-t-il d'ailleurs à ce sujet. Pour la saison prochaine, Il n'est d'ailleurs pas encore certain de continuer l'aventure en tant qu'entraîneur. Et même s'il se passionne pour ses fonctions de coach, pour lui, à 30 ans tout juste, le bonheur c'est pour un petit moment encore de chausser les crampons et d'être sur le pré...
LAURENT HICKEL