Écrire l’histoire

Âgé de 28 ans, Mickaël Immel veut enfin saisir sa chance et aider son équipe du FR Haguenau à passer l’obstacle messin. (ES Metz - FR Haguenau, dimanche (14h) au stade de la lothaire).
DU CÔTÉ DE CHEZ Mickaël Immel, rien n’a jamais été simple. Le roman de sa vie ne s’apparente en rien à un long fleuve tranquille. Après des débuts tonitruants avec en point d’orgue une sélection en équipe de France des moins de quinze ans, il a lentement perdu ses repères et son football.
Celui qui a passé trois ans dans le cocon du Centre de formation du Racing ne se cherche aucune excuse alors qu’il tire un premier bilan de ses jeunes années.
« Après avoir vécu comme un roi, en étant nourri et logé au centre de formation, je me suis retrouvé face à la dure réalité de la vie lorsque tout s’est arrêté. » Il abandonne le foot pendant quelques mois Il est somme toute fier d’avoir fait partie d’une très bonne génération et déplore « qu’aucun ne soit sorti professionnel » en soulignant qu’à l’époque (déjà), on n’avait quasiment « aucune chance en tant qu’Alsacien » de percer au Racing.
Après le Centre de formation, le doute s’installe et, pendant quelque temps, il se souvient avoir « navigué en eaux troubles » et qu’il a eu « quelques mauvaises fréquentations ».
Il remonte une première fois la pente pour une aventure à Schirrhein où il connaîtra des hauts – la montée jusqu’en DH –, mais toujours des bas et quelques mauvais souvenirs. « L’un des pires moments de ma carrière, c’était la Coupe de France et cette rencontre contre le grand SC Schiltigheim où j’apprends au dernier moment que je suis sur le banc de touche alors que je ne m’y attendais pas du tout. »
Il broie du noir, « s’embrouille avec le président » et décide de quitter le club au plus mauvais moment, quelques mois avant un certain match de Coupe de France contre Clermont, dont tout le monde se souvient. « Avec le recul, je me dis qu’en étant un peu plus mature, je ne serais pas allé au clash et que j’aurais pu participer à cette aventure. Sur le coup, je m’en suis voulu, mais j’étais quand même très fier de ce que Schirrhein a fait. »
Après être passé par Marienthal, Hoerdt puis le FR Haguenau, il abandonne le foot pendant quelques mois avant de se relancer dans le club de la cité des houblons pour en finir une fois pour toutes avec les rendez-vous manqués. « Je remercie le FRH de m’avoir redonné ma chance et tout particulièrement Philippe Knobloch, mais aussi Régis Loison pour qui j’ai une pensée parce qu’il est un peu comme mon grand frère au club. »
Il se replonge dans le monde du foot avec un appétit de débutant, savoure l’instant présent et ne se fixe qu’un seul objectif pour le moment : se mettre au service du club.
« Tout peut aller très vite dans le foot. En début de saison, j’étais logiquement le troisième arrière gauche du club derrière Brian Schmitt et Thomas Bierry. Par le jeu des blessures, je viens de disputer un sommet de la DH contre le Racing, savoure-t-il. Si on m’avait dit ça, il y a quelques mois, je n’y aurais jamais cru. »
Il jouera également dimanche un 7e tour contre une équipe qu’il avoue ne pas connaître. « On part dans l’inconnu et même si je sais que le coach est allé les superviser, on n’a pas eu d’écho pour l’instant. » Malgré tout, au vu de la forme affichée actuellement par son équipe, il se veut confiant « si on garde les pieds sur terre et si on développe notre football ça va bien se passer ».
Aujourd’hui, le défenseur veut s’appuyer sur son passé pour se construire un avenir. « Ma mission, c’est d’avoir un comportement irréprochable, d’être humble et de remercier le club en montrant que je peux encore apporter quelque chose. »
Mickaël Immel semble enfin prêt à écrire un nouveau chapitre de son histoire, une histoire dont il sera cette fois l’un des héros…
LAURENT HICKEL