Anis Bouziane et le FR Haguenau s’en vont défier la réserve du Racing Club de Strasbourg pour le match au sommet de cette sixième journée de championnat.
Entre Anis Bouziane et quelques joueurs qu’il a côtoyés tout au long de son parcours, la différence est infime. Rien vraiment ne change, mais tout est quand même un peu différent.
Alors que certains de ses copains ont franchi le Rubicon, Bouziane sait aujourd’hui que, même s’il a touché son rêve du bout de l’orteil, il ne rejoindra jamais le monde professionnel.
Qu’est ce qui lui a manqué ? «Tout le monde sait qu’il faut un pourcentage de chance, c’est la vie qui a fait que ça n’a pas abouti mais je ne regrette rien, s’empresse-t-il de préciser. Je ne suis pas malheureux pour autant, au contraire. Aujourd’hui, j’ai un travail, une famille et un club où je me sens bien».
Après Vauban, le joueur (aujourd’hui âgé de 28 ans )rejoint rapidement le RC Strasbourg pour une période de formation dont il garde un très bon souvenir.
«J’étais dans le groupe du CFA. Avec Yannick Imbs et d’autres, on était régulièrement appelés par Antoine Kombouaré pour faire des oppositions avec les pros».
A 19 ans, il découvre le très haut niveau en équipe U19 nationale d’Algérie avec laquelle il connaitra les déplacements en avion privé, les hymnes avant les matchs et le bonheur de pouvoir vivre sa passion à plein régime.
Laissé libre par le Racing, Jean-Luc Kleinmann profite de l’aubaine pour le faire signer à Linx où il restera trois saisons.
«Je ne connaissais pas l’Allemagne mais Jean-Luc m’avait dit que Linx était un club pour rebondir se souvient-il. J’ai tenté ma chance là-bas à un niveau qui était l’équivalent du CFA français à l’époque».
Par la suite, il prend la direction de Fribourg où il fait les entraînements et quelques matchs amicaux avec les pros avant qu’une blessure à la hanche ne remette tout en question.
Au lendemain de son opération en Allemagne, le chirurgien lui annonce une terrible nouvelle qui lui fait craindre le pire. «Quand j’ai demandé au médecin à quel moment je pourrais reprendre, il m’a répondu que je ne pourrais plus jamais jouer, raconte t-il. C’est la seule fois où j’ai eu les larmes aux yeux pour le foot. Dans ma tête, le monde s’est arrêté mais je suis revenu et aujourd’hui, je joue encore».
Par la suite, les sentiers du ballon rond le mèneront jusqu’à Saida en D1 algérienne avant qu’il ne rejoigne son ami Alexandre Maisoneuve à Kehl en Oberliga.
C’est là que Jean-Luc Kleinmann se rappelle à son bon souvenir et pour boucler la boucle, celui qui l’avait fait venir en Allemagne le fait également revenir en France au FR Haguenau.
Ce soir, Anis Bouziane va croiser la route de son club formateur et une tonne de souvenirs ne manqueront pas de faire surface à l’heure du coup d’envoi. «J’ai passé presque six ans au Racing. Les entraîneurs m’y ont vu grandir et comme Kehl et Fribourg, il est impossible pour moi d’oublier ce club», explique-t-il.
Il s’attend à une opposition musclée contre une équipe qui affiche des ambitions similaires à celles du FRH. «C’est une équipe qui joue au ballon, composée de quelques joueurs d’expérience qui descendront de la une et de jeunes feu-follets».
Son objectif pour cette rencontre ? «Gagner !» lance t-il sans la moindre hésitation. «C’est ce que j’ai appris en Allemagne, on joue l’offensive et toujours pour gagner», conclut-il, affichant ainsi un état d’esprit qui colle parfaitement à ce que l’équipe de Philippe Knobloch a montré sur le terrain depuis le début de la saison…
LAURENT HICKEL