Rittershoffen et son entraîneur-joueur, Christophe Itzel, se lancent avec beaucoup d’appétit à la conquête du titre départemental en défiant Krautergersheim.
Christophe Itzel et Rittershoffen c’est une longue histoire déjà. Les premières lignes ont été écrites il y a un quart de siècle lorsque le jeune homme a revêtu son premier maillot avec un coach nommé Claude Lehmann dans le club de son village.
Ce premier coach a toujours suivi son jeune poulain. Il a pris régulièrement de ses nouvelles lorsqu’il est parti à Haguenau à 15 ans, quand il a joué en équipe fanion à Soultz à l’âge de 17 ans et aussi quand il est allé à Steinseltz avant de faire une longue pige à Seltz dont il sera la capitaine pendant cinq ans. Aujourd’hui encore, ce coach du début est le premier supporter d’un entraîneur-joueur qui est revenu au bercail comme il l’avait promis lorsqu’il a été sollicité à plusieurs reprises tout au long de sa carrière. Rittershoffen venait de retrouver la D2 et c’était sans doute le bon moment pour donner un coup de main, là où, tout avait commencé.
« Mon objectif c’était de retrouver la D1, mais on a échoué d’un point les deux premières années. On savait qu’on devait réussir cette année. Sinon, on aurait eu du mal à garder tout le monde. »
Aujourd’hui, la montée est dans la poche et Christophe Itzel savoure peut-être plus que personne. « J’apprécie ces moments, dit-il tout sourire. On a une belle équipe de jeunes joueurs, on a de très bons résultats. Tant que je pourrai garder ce groupe, je le ferai. Je n’aimerais pas qu’on s’arrête là. »
Pour avancer encore, pour viser plus haut, le jeune coach âgé de 33 ans reconnaît qu’il a évolué dans sa manière de gérer son équipe.
« Quand je suis arrivé, j’ai voulu mettre trop de rigueur en m’inspirant de ce que j’avais vu au haut niveau reconnaît-il. J’étais un peu trop strict. Cette année, j’ai joué à fond la carte du coach “soft” et il y a eu beaucoup moins de gueulantes ».
Résultat, la mayonnaise a parfaitement pris et tout le monde au club rêve maintenant d’un titre départemental.
Alors, même s’il avoue ne pas vraiment connaître son adversaire du jour, il est évident que ses troupes seront très motivées.
« J’ai dit aux joueurs que des matches comme ça, il faut les apprécier à fond. Il y aura plein de monde autour du terrain. Des moments comme ça, on n’en vit pas cinquante dans une vie », insiste-t-il.
Savourer et vivre des vrais moments de bonheur avec sa femme Laurence qui « suit à fond » et qui connaît par cœur les résultats des uns et des autres. Savourer aussi avec le public dont un certain Claude Lehmann, l’entraîneur du début, présent à chaque match. Savourer encore avec les parents et son père qui n’a pour ainsi dire pas manqué le moindre match de son fiston et qui est tombé dans ses bras après le dernier en championnat pour un moment d’émotion intense.
Savourer enfin en croquant la vie à pleines dents, et en ayant toujours une pensée pour son cousin Vincent Bauer, arraché brutalement à la vie alors qu’il était dans la fleur de l’âge. « Tous les matches, je pense à lui. Ça me donne de la force », dit-il submergé par l’émotion en tentant de la masquer.
Christophe Itzel et Rittershoffen c’est une longue histoire déjà, une histoire dont les plus belles pages sont peut-être encore à écrire…
LAURENT HICKEL (c) DNA