« Il a fallu batailler »
PHOTO DNA - FRANCK KOBI Photographe Port : 06.81.38.09.98 Membre de la corporation des Photographes d'Alsace
Après un maintien difficile la première saison, puis le haut du tableau la deuxième, Sébastien Wahl, l’entraîneur-joueur de Beinheim, a emmené son club vers la montée et le titre de champion du Bas-Rhin de Division 2.
Loin des moyennes et grosses cylindrées de la bande rhénane (Seltz, Forstfeld-Roppenheim, Mothern), Beinheim est apparu sur le devant de la scène grâce à son titre de champion du Bas-Rhin de D2. Sébastien Wahl, entraîneur-joueur, revient sur cette saison inoubliable.
– Vous avez effectué une grande partie de votre carrière à Oberlauterbach. Cela n’a pas été trop dur de passer de ce club hyperstructuré à une structure comme Beinheim où il y a encore beaucoup à faire ?
– J’ai passé six très belles années à Oberlauterbach où j’ai eu la chance d’entraîner l’équipe “deux” pendant trois saisons. On a décroché une montée et un titre régional.
« La première recette, c’était de revenir à des valeurs assez simples »
C’était un challenge de revenir dans le club de mon village natal auquel j’étais resté très attaché. Beaucoup de mes copains sont toujours là, et c’est aussi ça qui m’a décidé à revenir. Maintenant, c’est sûr qu’il ne faut pas comparer, c’est juste impossible. Ce qu’il faut, c’est essayer de transmettre les valeurs que j’ai apprises à Oberlauterbach, pour aider Beinheim à se structurer.
– Après trois ans, il y a une montée et un titre de champion du Bas-Rhin à la clef. Quelle est la recette du succès ?
– La première recette, c’était de revenir à des valeurs assez simples. Se faire plaisir dans ce qui doit rester un loisir même si on est tous des compétiteurs.
J’ai essayé de remettre de la cohésion, un état d’esprit, une solidarité, toutes ces choses qui font que tu te maintiens la première année et que la troisième, tu arrives à finir premier du groupe alors que c’est très serré et que ça se joue à rien.
On a des joueurs d’expérience qui ont beaucoup apporté et on peut aussi compter sur la fougue de la jeunesse.
Si on prend le meilleur de ces deux aspects, alors on arrive à réaliser une saison comme celle-là. La saison dernière, lorsque six ou sept joueurs du village sont revenus au club, on a raté la montée de deux ou trois points. Mais cette année, c’était la bonne.
– Avec l’effectif que vous aviez, la montée était presque un impératif. Est-ce que tout le travail effectué aurait pu être remis en cause en cas d’échec ?
– Oui, cette année si on ne l’avait pas fait, ça aurait été un coup d’arrêt. Des joueurs que j’ai réussi à faire revenir seraient peut-être repartis. L’équipe “une” et la “deux” ont rempli leurs objectifs en décrochant la montée, ce qui n’est jamais évident.
« Ce qui manque, c’est la formation de jeunes »
Tout le monde se disait qu’avec les joueurs qui sont là, on devait faire champion. Mais il ne suffit pas de le dire… Sur le terrain, il a fallu batailler chaque match pour gagner les points. C’est le fruit du travail de tout un club, du comité jusqu’aux supporters.
– Que manque-t-il maintenant à Beinheim pour viser plus haut ?
– Ce qui manque, c’est toute la partie de formation des jeunes. Là où, il y a quelques années, on avait une équipe dans chaque catégorie, maintenant on a juste une équipe de U11.
Tout le monde en est conscient, on en parle, il faut qu’on arrive de nouveau à s’appuyer sur une école de foot et à récupérer chaque année un ou deux jeunes en plus du recrutement.
– Quel est votre objectif pour la suite ?
– À court terme, je ne vais pas dire qu’on va rejouer la montée, même si je ne l’exclus pas. On va déjà essayer de se maintenir le plus vite possible. On a eu une longue saison, ça risque de se ressentir sur les organismes. Au niveau du recrutement, je n’ai pas pu avoir les trois ou quatre joueurs que je voulais, seulement un ou deux, mais on a gardé tout le monde ce qui est déjà bien.
Sur le long terme, avec seulement trois joueurs qui ont plus de trente ans, on a encore beaucoup de potentiel. On doit amener les plus jeunes le plus rapidement au niveau des plus anciens et continuer de transmettre toute notre expérience. Un club comme Beinheim doit viser la Promotion ou la Promotion d’Honneur…
LAURENT HICKEL (c) DNA
