Le tricoteur fait le point
Cédric Kastner, âgé de 26 ans, a fait partie des meilleurs espoirs de sa génération. Aujourd’hui, il s’est pris de passion pour son rôle de coach qu’il découvre à l’Entente Roppenheim-Forstfeld en Promotion d’Excellence.
Il a toujours aimé ça, tricoter. User et abuser de feintes, de passements de jambes et de roulettes à n’en plus finir.
« C’est vrai que j’étais un énorme fan de Zidane et que j’adorais tous ces gestes techniques », s’amuse à indiquer celui qui a toujours exercé son art au milieu du terrain.
Les voies impénétrables de la génétique ont voulu que, malgré un papa et une maman férus de course à pied, le petit Cédric rechignait à cet effort s’il n’avait pas de ballon à poursuivre. Et puis, sur les pelouses, on le sait, il y a les besogneux et les esthètes. Lui, l’artiste, on ne lui demandait pas de s’époumoner pour récupérer le ballon, mais plutôt de le faire vivre, de le distribuer et souvent de l’envoyer dans la cage adverse.
Le gamin surdoué a suivi les chemins classiques de ceux qui sont très tôt sur le dessus du panier. Ça sera donc Soufflenheim, son club de village, le FR Haguenau, dès les poussins 2e année, et puis le Racing qui le contacte par l’entremise de Jacky Duguépéroux.
« Quand je suis devenu interne au centre à 13 ans, j’étais le plus jeune là-bas. Au début, ce n’était pas évident. J’avais tous mes potes aux Missions Africaines de Haguenau et je suis un peu “mame bobele**” », rigole-t-il, en songeant à une époque où le rêve d’une carrière professionnelle s’est ancré en lui.
Malgré les difficultés, le jeune homme s’accroche et, très vite, il emprunte la voie royale. Il est convoqué en équipe de France U16 avec son copain Morgan Schneiderlin, avant qu’une blessure au genou ne l’empêche de partir en Turquie avec cette même sélection.
« J’ai dû me faire opérer et j’ai eu du mal à récupérer », dit-il avant d’expliquer à demi-mots que son rêve ne s’est pas envolé d’un coup sec. C’est plutôt par petits à-coups successifs que les espoirs se volatilisent et que le moral en prend un coup.
« Ce n’est pas évident, j’ai mis quelques années à m’en remettre. J’avais perdu la passion du foot, je jouais parce que j’avais l’impression qu’il fallait que je joue. »
Il continue, bon an mal an, à traîner sa peine et songe même à raccrocher définitivement les crampons, lorsque par l’entremise de Sébastien Heiwy, Gilles Bauer tente une approche pour le faire venir à Roppenheim.
« Le contact est super bien passé avec Gilles. Quand on parlait de foot, on parlait de la même chose. C’est aussi grâce à lui que je suis devenu entraîneur, j’ai accepté de reprendre le relais sachant que j’avais les diplômes et que j’ai toujours su que je deviendrais entraîneur un jour. »
S’il est encore bien souvent à la baguette sur la pelouse, à feinter, à passer et à courir, Cédric Kastner se voit avant tout comme un coach qui se plait à merveille dans son nouveau rôle.
« Je prends mon pied à transmettre tout ce que j’ai appris avec les différents entraîneurs que j’ai eus », résume celui pour qui Laurent Oberle – qui était son coach à Haguenau et au Racing – reste un véritable modèle.
Actuellement à la 9e place en Promotion d’Excellence, l’Entente lutte pour le maintien, mais le coach reste optimiste.
« J’ai une équipe jeune, mais j’ai aussi quelques cadres comme Julien Hickel et Cyril Ruppert qui font un travail énorme dans le groupe et sur le terrain. »
D’après l’auteur David Thomas, vivre c’est se tricoter des souvenirs pour le jour où on sera vieux. Alors, Cédric Kastner tricote – toujours un peu – sur les pelouses, mais il se tricote surtout plein de souvenirs pour demain, car aujourd’hui, il a de nouveau des rêves plein la tête…
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**Expression alsacienne qui signifie le bébé à sa maman.
