Un costard chez les bleus
Malgré des débuts mi-figue mi-raisin en championnat, Laurent Denais et sa bande de gamins veulent continuer de croire en leur bonne étoile pour emmener L’AS Reichstett vers les sommets.
Le ton volontiers gouailleur et son accent de Titi parisien ne trompe pas. Laurent Denais n’est pas un produit du cru, c’est une importation de la région parisienne. Et on peut dire qu’il en jette, toujours tiré à quatre épingles, lui, c’est costard cravate du lundi au dimanche. Ses quarante cinq balais, il vous les envoie dans la figure d’un seul coup, d’un seul. Il faut dire qu’il n’est pas du genre à chipoter, il aime jouer franc-jeu et s’il a le cœur sur la main il n’a pas pour autant la langue dans sa poche. C’est quand il parle « football » que son palpitant s’emballe encore un peu plus, surtout s’il faut évoquer ceux qu’il appelle ses gamins.
« Moi je suis un éducateur, et j’ai une immense fierté de pouvoir entraîner ces jeunes que j’ai eu en U17 et U19. Ils sont tous exceptionnels» lâche-t-il l’œil humide. Deux titres de champions d’Alsace ont récompensé le travail du coach au costard qui a su emmener cette génération dorée vers des sommets que l’AS Reichstett aimerait un jour retrouver. Aujourd’hui en D1 c’est le dur apprentissage du monde des séniors mais l’ambition demeure la même. « L’année dernière on jouait la montée et on a baissé les bras en deuxième phase. Ce qui est sûr c’est que je veux emmener Reichstett au niveau supérieur, j’en ai les capacités et j’ai les joueurs qui en ont les capacités, il faut juste qu’ils mûrissent un peu » insiste-t-il tout en précisant qu’avec une vingtaine d’années de moyenne d’âge l’équipe manque cruellement de cadres.
Le coach qui prône un football offensif est conscient que son équipe est capable du meilleur comme du pire à l’image du match de 5ème tour de la coupe d’Alsace contre Kilstett qui évolue deux divisions au-dessus. Capables d’attaquer avec talent, capables de mener par trois buts à rien les jeunes joueurs de l’ASR se sont ensuite écroulés pour se faire rejoindre à 3-3 avant de perdre la rencontre aux tirs au but. Alors que tout semble en place pour franchir un palier, l’ASR souffre également d’un manque de moyens. « A Reichstett, il y a cinquante associations sportives mais on représente un quart en nombre de licenciés. On pourrait faire quelque chose de très bien avec un peu plus de moyens. Aujourd’hui, rien que d’acheter des cônes pour nous c’est difficile » déplore-t-il. Dans un monde où tout va très vite, le coach qui se montre exigeant avec ses joueurs, autant qu’avec lui-même, ne sait pas encore exactement de quoi l’avenir sera fait. «Je suis quelqu’un de passionné et je veux atteindre mon objectif.
Si je n’arrive pas à l’atteindre je me dirais que j’ai échoué et que quelqu’un d’autre aura peut-être les solutions. Mais je ne baisse jamais les bras et plus le challenge est dur plus j’aime le relever ». Malgré quelques coups d’éclats en coupe, l’ASR n’est que neuvième en championnat et se doit de relever la tête au cours de la phase retour. «Le but ce n’est pas moi. Je ne suis rien, je préfère qu’on parle de Reichstett en bon terme plutôt que d’un éducateur sportif qui met juste une pierre pour essayer d’améliorer les choses » conclue-t-il modestement. Pourtant, depuis le bord de la pelouse, il est évident que le coach et sa bande de gamins sont en symbiose et il semble évident que Reichstett continuera de rêver des sommets tant qu’il y aura un costard chez les bleus…
LAURENT HICKEL (c) DNA
